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#Crackage par Join da Tease


Mardi 6 Octobre 2015 à 15h45, by La Grosse Radio

"On n’a jamais fait de plus belles rencontres que dans ces instants un peu inhabituels" On vous parlait la semaine dernière du projet #Crackage du groupe Join da Tease. Un projet expérimental et novateur qui met leur musique à la portée de tous. En effet le groupe a enregistré un live sauvage à Bourges en mai 2015 et nous propose la vidéo du live et la musique de manière gratuite. Vous pouvez désormais visionner le live chanson par chanson sur la page d'Osmose Records. Rencontre aujourd'hui avec Taj, un des fondateurs de Join da Tease et Osmose Records pour une interview à distance et illustrée par leur soin, où il nous expose le projet #Crackage, sa vison de la musique et au delà, de la société dans son ensemble. De quoi prolonger la réfléxion sur ce projet complétement fou dont le postulat de départ ne peut que nous ravir : la musique pour tous et partout.

Salut Taj, merci de nous accorder du temps pour répondre aux questions de La Grosse Radio. Déjà peux-tu te présenter ainsi que ton groupe Join da Tease et la structure OSMOSE ? Salut, Taj, j’écris et j’aboie au sein de Join da Tease. Le groupe est né en 2009, en banlieue sud de Paris. Le point commun musical entre les 7 membres d’origine était le reggae et le dub. Peu à peu, on a eu envie de se libérer des petites cases qu’il y avait dans nos têtes, pour faire ce qui venait sans trop réfléchir, y intégrer du hip-hop, du rock… Un côté un peu plus énervé est devenu essentiel, pour faire notre musique avec sincérité. OSMOSE, c’est le nom de l’asso que j’ai fondée en 2007, pour trouver des concerts aux groupes dont je m’occupais. Des groupes plutôt rock, garage sixties et autres. J’ai commencé à organiser des soirées concerts pour défendre les artistes indés. Le but était juste de fédérer les copains, les styles de musiques, les artistes et leur public, et de proposer des tarifs accessibles à tous. J’ai continué à créer des outils, pour les artistes qui m’entouraient, et pour tenter d’offrir au public des ambiances et des instants d’ « osmose ».

Pourquoi avoir voulu créer Osmose Collective et quelles sont les actualités ? Au départ j’ai créé OSMOSE par simple besoin. On voulait juste tourner dans les bars, jouer et boire des bières… On s’en foutait totalement de savoir si ça rapporterait des ronds, ou si c’était un métier. On répondait à nos besoins seuls, pour ne pas avoir à cirer de pompes, ou à changer notre démarche. Et puis j’ai commencé à m’intéresser à ce qui se passait, sur les nouvelles technologies, à « l’industrie de la musique »… etc. J’avais choisi pour sujet de mon mémoire de fin d’étude « Indépendance artistique et Autoproduction : Quels nouveaux outils ? Quelles perspectives ? Quel avenir ? », pour creuser un peu le truc. Plusieurs constats m’ont amené à penser qu’on vivait une ère de « farwest » général, où tout était potentiellement à construire, à imaginer, et à expérimenter. Cette idée me plaisait, alors j’ai continué à chercher de nouveaux modèles, qui me correspondaient réellement, en opposition à ceux des maisons de disques. Au fur et à mesure des années, l’équipe du groupe s’est un peu investie, des techniciens ont rejoint les rangs, ainsi que des copains et copines de partout… aux compétences variées. Les 2 versants sur lesquels OSMOSE travaille sont : - L’accès à la culture pour tous, et par tous les moyens possible. - L’accès aux outils de production etc. pour les artistes indépendants. Aujourd’hui, OSMOSE en chiffres, c’est plus de 400 concerts de Join da Tease, un gros paquet d’OSMOSE Party à Paris, à 5€ l’entrée et sans promo. On gère un lieu de résidence artistique pour des artistes indépendants, en développement, et l’association a rejoint 1001prods Records, une structure indépendante (label, tournées…). Le but de tout cela est de créer une coopérative innovante d’artistes et de production. L’inspiration vient clairement de nos grands-parents mais vient percuter une philosophie « diy » du punk [do it yoursel, ndlr], et les outils et la culture de l’opensource… Pour structurer un peu plus la chose encore, on vient de fusionner notre asso avec l’équipe de l’asso 1001prods, basée à Rouen. Ils sont très proches de nos valeurs, et de notre vision de l’avenir ou de l’artiste, et puis ils défendent des projets qu’on connaît bien depuis longtemps, et qui sont clairement des copains.

Vous avez organisés de nombreux « attentats sonores », en quoi cela consiste ? Quelle était la réaction du public et comment se sont passés ces concerts sauvages, avez-vous rencontré des difficultés ? Le principe d’un attentat sonore, c’est d’arriver sans prévenir sur un endroit, de s’y installer assez rapidement, et d’offrir un concert sauvage. Tu arrives avec l’équipe, le matos… Sans demander d’autorisation, sans scène la plupart du temps et sans éclairage autre que les lampadaires... (sauf #crackage de slip). La réaction du public a toujours été super cool. Chaque fois, on avait l’impression de faire un cadeau. Alors qu’en soit, se « payer une rue »… c’est pour nous que c’était un cadeau, et une super sensation. C’était souvent drôle, excitant, et puis, on n’a jamais fait de plus belles rencontres que dans ces instants un peu inhabituels. Même avec une rangée de CRS, qui est censée sécuriser la rue principale d’une station balnéaire… ça finissait avec un petit coup de clin d’œil aux flics à la fin… Et un petit pas de danse de leur part en bonus parfois. On a déjà rencontré des difficultés, forcément… Quelques amendes… Un petit procès de rien du tout qui a duré un an et demi pour ma part. Mais bon, c’est le tarif.

Vous avez également réalisés plusieurs concerts en milieu carcéral ? Oui, une quinzaine sur toute la France. On complète depuis 2014 nos tournées « classiques » avec des concerts en maison d’arrêt, centres de détentions et maisons centrales. L’idée est toujours la même. Aller jouer là où ce n’est pas forcément facile. Là où l’on n’a pas des concerts tous les jours, et ou la musique n’est pas une chose qui se « consomme » banalement. C’est peut-être égoïste, mais pour nous aussi, c’était important de se confronter à cette réalité personnellement. Pour s’informer, s’y confronter, le mieux reste de s’y rendre.

Peux tu nous parler de votre projet #crackage ? Non. Comment vous est venue cette idée ? Bon d’accord. L’idée m’est venue sur la tournée dans les Balkans, en janvier dernier. Je réfléchissais à des concepts un peu barrés, qui pouvaient traiter de liberté, d’information, et de musique en même temps. Au fur et à mesure, j’ai pris ce mot « Crackage » comme ligne directrice, car il avait plusieurs sens très forts pour moi. Le premier, c’est que je voulais exprimer notre « fragilité », car à chaque instant, le groupe pouvait « craquer ». Après Première Sommation [le premier album de Join da Tease ndlr], nous ne voulions pas retourner en studio du tout… Ce que nous sommes, depuis le début, c’est un groupe de scène, de rue, de vie… Un point de rencontre. N’en déplaise aux pros, et aux gens du milieu…mais le studio, sincèrement, je n’y prend aucun plaisir pour ma part. En tout cas, pas sur le projet Join da Tease. L’idée de crackage était d’offrir une « photo » de ce que nous étions vraiment. Qu’elle soit belle ou moche importait peu, mais qu’elle soit représentative de ce que nous avions vécu pendant 6 ans. C’est franchement hyper dur d’être sincère artistiquement de nos jours. Les codes sont installés dans nos têtes, dans nos façons de concevoir nos projets, et en sortir est compliqué, et flippant. Et pour cela, il fallait aller au bout de notre réflexion de Première Sommation, qui est celle de se débrouiller avec nos outils, nos moyens, nos envies et nos valeurs. Le projet est né comme ça. Je l’ai écrit, puis proposé au groupe, puis au collectif… et la suite est là.

Vous avez fait le choix de ne faire aucune promotion sur ce projet par les médias classique même sur internet, pourquoi ce choix ? Et pourquoi avoir accepté cette interview pour La Grosse Radio ? Depuis que Join da Tease existe, nous avons toujours eu une position très particulière sur la publicité. Le buzz, la communication… tout ça prend une place tellement importante maintenant… Les majors montent même des stratégies pour prétendre que les découvertes viennent d’un « buzz », qui en réalité est monté de toutes pièces. Les grands médias relaient… Dans cette ère de la surexposition médiatique, l’image a pris une importance capitale sur un projet. L’affichage ou la diffusion à outrance, pour nous l’imprimer dans le crâne qu’on le veuille ou non, je ne me reconnais pas là-dedans. On condamne un graffiti, mais pas les marques ou les publicitaires, simplement parce que l’un paye, l’autre prend le droit. Au fond, un tag est une publicité qui n’a rien à vendre. La visibilité, et donc quelque part le fait d’« exister » dans cette société, est payant.

Lire l'intégralité de l'interview sur la Grosse Radio


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