• Pauline Gauer

Candice Roger, dessinatrice de l'absurde

Nous avons échangé avec Candice Roger, jeune artiste originaire d’Angers, dessinatrice de l’absurde.



Bonjour Candice, on aime beaucoup ton travail. Depuis quand tu dessines ?


Je dessine depuis toujours. Enfant, j’étais déjà attirée par la pratique du dessin, comme tous les enfants à priori, mais je dessinais de façon intensive avec des périodes d’obsession pour des univers bien définis. Je dessinais des histoires, créais des séries de personnages, inventais des mondes, reproduisais mes lubies du moment : beaucoup beaucoup de chiens.


J’ai arrêté de dessiner quelques années lorsque j’étais étudiante puis la pratique est revenue naturellement à la fin de mes études.



A quoi reconnaît-on tes dessins ?


Je pense qu’on peut reconnaître mes dessins à travers deux points : Tout d’abord, par le trait noir et le remplissage au point pour parler de la forme. Mais aussi par le côté décalé et absurde de ce qui se passe sur l’image.


D’où te vient cet univers ? Pourquoi l’absurde ?


Cet univers est né d’un mélange d’inspiration. J’ai toujours été intéressée par les films de genre. Je pense qu’à l’âge de 8 ans, je connaissais déjà les grands méchants de la série X-files et qu’à 10 ans j’avais déjà vu les trois premiers Massacre à la tronçonneuse. Je remercie d’ailleurs mes parents d’avoir été aussi peu regardant sur la signalétique jeunesse du CSA. Cela a développé en moi une fascination pour le monstrueux et l’irréel.


Ce qui mène, par une certaine logique, à mon intérêt pour le mouvement surréaliste que je découvre au lycée. Magritte m’a particulièrement marqué, sa façon d’introduire l’absurde dans le réel, d’évoquer le domaine du rêve, de faire réfléchir le spectateur sur sa propre perception et sa réflexion.


Plus tard je découvre le travail de Tomi Ungerer, Claude Serre ou encore Roland Topor, qui eux, utilisent un absurde teinté d’humour noir et de cynisme.


Selon moi, l’absurde est ce qui va rendre le quotidien plus amusant. Il permet de détourner les choses à l’infinie et de faire réfléchir sur l’absurdité de la vie en elle-même.



Quelle est la réaction des gens quand ils découvrent ton travail ? Ils s’interrogent ?


J’espère que les gens s’interrogent, car c’est ce que je cherche avec mes dessins. Je veux qu’ils interprètent ce qu’ils voient sans leur imposer ma pensée.


Bien que le titre ait une place importante dans mes dessins et qu’il détermine souvent le sens que je lui ai donné, j’aime entendre les interprétations que les gens tirent de ce qu’ils voient.


D’une personne à l’autre, les analyses ne sont pas les mêmes. En fonction de l’histoire, du vécu, de la sensibilité ou de ce que vit la personne à l’instant T, l’interprétation n’est pas du tout la même entre deux individus. Cela m’amuse et me permet aussi de voir mes dessins autrement qu’à travers mon idée de départ.



Y-a-t-il des sujets pour lesquels tu luttes à travers tes dessins ?


Je ne veux pas faire passer de messages particuliers, je n’ai pas de parti pris clair, ni de revendications. Je veux seulement mettre un peu d’humour dans un quotidien parfois morne, et pourquoi pas de l’humour noir. Et si des personnes voient dans mes illustrations des messages s’apparentant à des avis politiques ou quelconque critique sociétale, il n’en va que de leur interprétation.


On me demande pourquoi je mets souvent en scène des femmes et si de ce fait, je mets en exergue ce rapport homme/femme en les positionnant l’un contre l’autre et surtout en mettant la femme en avant. Je ne pense pas. Les personnes mises en scènes dans mes illustrations, qu’ils soient hommes ou femmes, voire animaux sont malmenés l’un comme l’autre, ce sont des dessins sur les rapports sociaux, les situations, les relations etc. Au final, sur la complexité de l’âme humaine.



Le confinement, ça aide à la créativité quand on est Candice Roger ?


Le confinement n’aide pas du tout à la créativité ! Je puise mes inspirations du quotidien, des échanges que je peux avoir avec différentes personnes, de situations qui peuvent m’arriver ou arriver à d’autres, de ce fait l’inspiration n’est pas vraiment là.


J’ai toujours des idées qui traînent par ci par là car il y a toujours quelque chose à dessiner, une réflexion à exploiter mais c’est une question de temps d'adaptation. Et de paresse aussi.


Quels sont tes futurs projets ?


J’ai quelques travaux en cours pour différentes structures, festivals ou groupes de musique. En parallèle je continue toujours à dessiner pour alimenter d’éventuelles expositions futures.


J’aimerai développer quelque chose sur la durée, un projet plus gros que les dessins uniques, comme un roman graphique ou encore une animation format court. Il suffit de s’y mettre.


Merci Candice pour tes réponses !


Son travail est à retrouver sur :

Facebook : https://www.facebook.com/candicerogerillustration

Instagram : https://www.instagram.com/candicerogerillustration/

Tumblr : https://candiceroger.tumblr.com/



Pauline Gauer

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