• Pauline Gauer

Court-métrage : ‘Marée’, à voir absolument aujourd’hui sur Arte



Trois ans après ‘L’immense retour’, le court-métrage qui avait valu le prestigieux Léopard d’or du Locarno Film Festival, à la réalisatrice Manon Coubia, en 2016, ‘Marée’ fait son apparition sur Arte.


Ce court-métrage de 30 minutes, c’est pour elle un retour aux sources, à la montagne dans laquelle elle a toujours grandi. Elle livre un portrait touchant des dameurs de nuit, authentiques et amoureux de leur métier.


“L’envie de départ de la fiction née d’une connaissance d’un milieu, d’un terrain réel, de rencontres. Pour ce film, je suis repartie d’un lieu qui est une petite station de ski. J’ai grandi en montagne. J’avais envie de vivre l’expérience de ces machines la nuit qui me fascinaient petite. Et puis de là, j’ai raconté une histoire.” - Manon Coubia, au Festival du Court-métrage de Clermont-Ferrand



L’histoire est belle. Le peu de dialogues ne fait que sublimer l’image et le spectateur se sent emporté dans cette mer de neige avec les protagonistes. Le récit, c’est celui d’Antoine, un jeune dameur de 25 ans à Bellevaux, en Haute-Savoie. la nuit, son équipe et lui démarrent les énormes machines pour façonner les pistes. Malgré les mises en garde des autres hommes, Antoine s’engouffre dans cette montagne qui fascine et qui effraie. ‘Marée’, c’est l’histoire d’un homme qui va de voyage en voyage, au milieu d’un désert blanc incertain.


“J’évoque un peu les mythes et les légendes de la montagne. On suit un jeune dameur qui part pour une nuit de travail ordinaire, avec ses collègues qui sont plus âgés, des anciens qui le mettent en garde. Il y a une discussion qui s’engage : Est-ce qu’il faut partir ? Pas partir ? Déjà, la montagne apparaît comme une force à la fois paradoxale de danger et de beauté. Il y a une espèce de démarrage très réaliste, et puis après on suit ce jeune dameur. Il y a un naufrage, et là le film bascule. Il y a un autre voyage qui démarre. C’est un film visuel, plastique et qui était très joyeux à fabriquer.” - Manon Coubia, au Festival du Court-métrage de Clermont-Ferrand



Pour ce troisième film, Manon Coubia a de nouveau confié le rôle principal au jeune comédien Yoann Zimmer, déjà présent dans son ancien projet ‘Les enfants partent à l’aube’, en 2017.


‘Marée’, c’est la beauté des mots qui ne s’écrivent pas. L’immense absence de tout et des chemins qui s’effacent aussi vite qu’ils se frayent. C’est l’angoisse de la nuit, de la tempête et des fantômes au milieu de rien. ‘Marée’ nous a touché, étonné et questionné. Face à ces images glaciales, on vous le recommande chaudement.


Marée, à voir absolument aujourd’hui sur Arte


Pauline Gauer

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