• Pauline Gauer

Dakar : La Mosquée de la Divinité, vers l’océan

En février 2018, je partais en expédition au Sénégal à Dakar, avec l’association Sénégal en Pages. Notre projet, c’était celui d’amener des ordinateurs, tablettes, vêtements, livres et jeux dans une école du village de NGaparou, avec qui nous étions en partenariat.


Une fois la mission accomplie, nous avons eu quartier libre quelques jours pour visiter les environs. Vivre quelques instants de touristes après avoir vécu avec ces enfants extrêmement attachants.


Dakar, ville incroyable. Chaleur étouffante pour un mois de février. Avec les membres de l’association, nous découvrions les lieux phares de la capitale et devant nous apparaissait le Monument de la Renaissance Africaine. Une imposante statue d’une femme et d’un homme portant un enfant, les yeux tournés vers l’horizon.


“L’homme, la femme et leur enfant feront face au soleil, symbolisant l’ouverture du continent au reste du monde. C’est une force de propulsion et d’attraction dans la grandeur, la stabilité et la pérennité de l’Afrique” - Président Abdoulaye Wade, lors de l’inauguration du monument en 2010


Jeffrey Attaway

Plus tard, nous décidons de marcher au bord de la nationale jusqu’à une mosquée au bord de l’océan. Un long trajet sous le soleil, entre les pots d’échappement, les ordures et les charognes de chèvres. Puis devant nous, le spectacle impressionnant de la baie remplie de bateaux colorés, et une immense mosquée blanche sur la plage.



Pour accéder à la baie, il nous fallut descendre de nombreuses marches plus ou moins abîmées, puis courir dans le sable brûlant jusqu’à l’océan. Sur la longue plage, des pêcheurs traînaient des pirogues colorées pour les ranger. Un chiot les accompagnait dans leurs aller-retours et finit par nous tenir compagnie.



Devant nous, l’eau encore un peu trop froide pour moi, mais pas pour tous les autres. Alors, j’ai photographié ce paysage incroyable, tout droit sorti d’un film. Soudain, un homme s’approche de quelques personnes avec qui je voyageais, pour nous informer qu’il est interdit de se baigner et de photographier les lieux, et qu’il doit alors supprimer les images de nos appareils photos.


De peur de perdre nos photographies, nous cachons nos cartes mémoires dans nos carnets, nos appareils photo dans nos sacs, et pieds nus, nous fuyons la plage. Commence alors une mission d’évacuation d’urgence au travers d’un fin chemin au milieu des herbes sèches. Nous nous inventons des excuses et des stratagèmes au cas où quelqu’un nous rattrape, puis nous retrouvons un autre groupe qui avait fuit par l’autre côté de la baie. Ils nous expliquent qu’ils se sont fait prendre et ont dû payer une amende de 1000 Francs CFA, soit 1,50€. Ridicule d’avoir fui pour si peu, mais sans cela, il n’aura pas pu y avoir d’images pour illustrer cet article. Peut-être que maintenant, je suis recherchée à Dakar, ou peut-être qu’ils pensent que nous sommes encore sur cette plage.


Pauline Gauer

2 vues
  • Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle
  • YouTube - Cercle blanc
  • Instagram - Cercle blanc
  • Vimeo - Cercle blanc
  • LinkedIn - White Circle
  • SoundCloud - Cercle blanc