• Pauline Gauer

Enfin ! "Une femme" possède désormais sa propre page Wikipédia !

En général, l’intention des journalistes est plutôt bonne lorsqu’il s’agit d’informer de nouvelles encourageantes avec des titres comme “Une femme a été nommée.. / Une femme est à l’origine de..”. Mais en voulant montrer que le patriarcat recule et que plus en plus de femmes ont des postes importants dans la société, ils définissent ces femmes par leur genre et non par leur nom. Et cette dénomination, elle est sexiste et c’est ce que l’on appelle l’invisibilisation des femmes.


“L’invisibilisation, c’est le fait que les vécus des femmes, les paroles des femmes, les pensées des femmes, le travail des femmes soient globalement occultés, ‘silenciés’ dans l’espace public” - Lauren Bastide, fondatrice du podcast “La Poudre” pour Brut.


“Une femme”, ce sont les deux mots qui définissent ces personnalités fortes et qui effacent l’individualité de ces femmes à parts entières. D’ailleurs, ce genre de titres d’articles amuse les réseaux sociaux et particulièrement twitter, dont les internautes ne manquent pas de dénoncer et de rappeler à l’ordre les médias sur leurs erreurs.


Guillaume Blardone, journaliste

Caroline De Haas, fondatrice du collectif #NousToutes


En juin, une page Wikipédia est enfin créée pour cette fameuse “Une femme”, un troll satirique signé Kvanerk qui fait sourire les plus féministes d’entre nous.


″On est extrêmement dépendants des sources journalistiques, et on est en quelque sorte ‘obligés’ de refléter leurs biais. Les femmes sont invisibilisées dans les titres, comme elles le sont dans la recherche scientifique ou dans l’histoire. [...] Il y a encore un biais extrêmement fort dans la manière de parler des femmes dans la presse, une forme de sexisme latente, assez pernicieuse, qui peut attenter à la neutralité de Wikipédia” - Kvanerk, l’internaute à l’origine de cette page Wikipédia, pour Arrêt sur images



En résumé, la page Wikipédia présente cette Femme, avec toutes ses qualifications et ses origines, puis une liste non-exhaustive de tout ce qu’elle a accompli. Une belle image pour montrer l’impact de toutes ces femmes dans le monde. On notera cependant une catégorie un peu moins amusante que les autres, celle du décès de cette Femme : Elle meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint, en France.”


Seuls 18% des contenus de l’encyclopédie numérique parlent de femmes. C’est alors une belle manière de montrer qui sont ces femmes qui vivent autour de nous, à l’égal de l’homme. Et voici le texte d’introduction de la page :


“Une femme est une journaliste, dirigeante d'entreprise, chimiste, diplomate, économiste, pasteur, physicienne, directrice sportive, pilote de chasse et femme lituanienne, française, belge, britannique, namibienne, sénégalaise, iranienne, japonaise, éthiopienne, suisse, américaine et grecque. Son activité scientifique lui a valu d'être récompensée par cinq prix Nobel de chimie, mais une seule médaille Fields.”


On apprécie grandement le sarcasme et l’humour de la page, qui en disent long sur le ras-le-bol des femmes non-citées et définies par le genre. D’ailleurs, sur la même lancée, on salue l’association "Les Sans PagEs", qui a pour but de “réduire le fossé des genres” et accroître la visibilité des femmes sur l’encyclopédie numérique lors d’ateliers gratuits.


Pauline Gauer

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