• Pauline Gauer

Film : Aya de Yopougon, et l'Abidjan des années 1970



Entre 2005 et 2010, Marguerite Abouet publie les six tomes de la série de bande-dessinées Aya de Yopougon, une histoire qui puise dans ses souvenirs d’enfance. Marguerite a vécu dans cet immense quartier populaire souvent appelé Yop City, en périphérie d’Abidjan jusqu’à ses douze ans. Elle est accompagnée par Clément Oubrerie, qui illustre ses mots dans ces œuvres éditées par Gallimard, au milieu des livres de la collection Bayou, de Joann Sfar.


L’histoire se déroule à la fin des années 1970, à Abidjan en Côte d’Ivoire. Aya a 19 ans, et contrairement aux jeunes filles de son âge, elle aime rester chez elle pour étudier. Ses deux amies Adjoua et Bintou ne pensent elles qu’à s’amuser. Tout dégénère lorsque Adjoua tombe enceinte de Moussa, un jeune homme immature, mais le fils de Sissoko, l’un des hommes les plus riches du pays.



En 2013, la bande-dessinée est adaptée en long-métrage d’animation produit par Autochenille Production. Marguerite Abouet et Clément Oubrerie restent à la tête du projet, ce qui explique la fidélité du film aux aventures des livres. Dessins détaillés avec soin, flamboyants, couleurs éclatantes et musiques entraînantes. On retrouve les voix de Aïssa Maïga, dans le rôle principal d’Aya, Jacky Ido et Pascal Nzonzi. Le film a remporté le Prix des Jeunes Cinéphiles Francophones en 2018.



Malgré les touches d’humour, Aya de Yopougon parle de vraies problématiques de société et d’un pays en transition. On y retrouve les thèmes universels de l’émancipation de la femme et des traditions encore trop présentes dans leurs choix de vie, mais aussi de contraception, de la santé, et des classes sociales. Cependant, c’est une histoire tendre et fraîche sur l’Abidjan de l’enfance de Marguerite Abouet, loin de la misère. Une jeunesse festive, musicale et rêveuse.


Le film d’animation est à retrouver sur Netflix depuis peu, une oeuvre qui vaut le coup d’œil.


D’ailleurs, il y a une chanson qui revient tout au long du film, qui enivre de nostalgie. C’est “Bonheur Perdu”, l’œuvre de François Lougah, publiée en 1977. Saxophoniste, organiste, chef d’orchestre, acteur et chanteur, il est surnommé “Le Papa National” en Côte-d’Ivoire. Là-bas, c’est un modèle pour de nombreux artistes. Et “Bonheur Perdu”, c’est le blues de ses années passées, dans les rues d’Abidjan.


Pauline Gauer

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