• Pauline Gauer

Grèce : à la découverte du Monastère d’Elonis

En août 2015, j’ai traversé la Grèce en voiture et campé sous une tente dans un endroit différent chaque soir. A la moitié de notre périple, nous étions vers Épidore, une ville grecque dans le Péloponnèse. Des piqûres de moustiques sur les jambes et des coups de soleil sur le visage, nous prenions la route.


Il y avait de la musique traditionnelle grecque qui s’échappait d’un CD oublié dans la voiture de location. La route était sinueuse et nous longions les falaises, nous frayant un chemin entre la pierre et le ravin. Soudain, devant nos yeux, la somptueuse silhouette du Monastère d’Élonis, suspendu au bord de la falaise, qui nous apparut soudainement comme sorti de nulle part, dans les airs.


Un lieu coupé du monde, hors du temps. Nous venions de sortir de la voiture et de descendre un grand escalier enduit à la chaux. Couleur blanche éclatante. Autour de nous, des drapeaux de prière tibétains qui valsaient au rythme du vent. Contre un mur, une sœur, vieille femme vêtue de noir, qui lisait dans un coin de la cour. Elle semblait apaisée et ne faisait pas attention à notre venue. Aucun bruit nulle part. Des chats qui courraient de partout, et nous, en haut de la falaise.


Crédit : Pauline Gauer


Construite dans la roche, une chapelle attirait notre attention. Une porte de bois derrière laquelle se tenaient des bancs et des bougies qui éclairaient cette étrange grotte. Puis, j’ai un souvenir effrayant de ce que j’ai vu ensuite : des dizaines d’ex-voto, les uns sur les autres, qui reflétaient les rayons de soleil. Ce sont des plaques en fer ou des objets de cire ou porcelaine créés dans la religion chrétienne, qui sont placés dans les églises pour matérialiser un souhait envers dieu.


Autour de nous, des dizaines de bras, jambes, et autres membres du corps en cire suspendus par des fils, et des illustrations d’enfants, de maisons et de voitures gravées dans des plaques de métal. Des symboles de besoin de protection de la maison, de guérison d’une maladie, d’une grossesse désirée et de la recherche de l’amour.


Crédits : JF Bradu / Sarah Odedina


Il faisait beau, le vent venait de s’apaiser. Il fallait qu’on reprenne la route jusqu’à un autre endroit qui nous était encore entièrement inconnu. De ce lieu, je garde un souvenir de vie au ralenti et un sentiment d’envol constant. Je me demande bien s’il continuera à exister encore longtemps, et si le calme règne toujours, entre deux bus de touristes hollandais.

Pauline Gauer

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