• Pauline Gauer

"Jusqu'ici tout va bien", l'exposition de l'Ecole Kourtrajmé au Palais de Tokyo

“Jusqu'ici tout va bien, jusqu'ici tout va bien. Mais l'important, c'est pas la chute, c'est l’atterrissage.”


Cette réplique culte, c’est celle du film ‘La Haine’, sorti en 1995. Réalisé par Mathieu Kassovitz, l’oeuvre donnait un nouveau regard sur les banlieues parisiennes et les violences sociales et policières auxquelles elles étaient confrontées. En 2019, Vingt-cinq ans plus tard, Ladj Ly réalisait le film ‘Les Misérables’, un ‘La Haine’ moderne qui dénonce les injustices toujours présentes dans les banlieues.


Ces deux films, séparés par quelques années, ont marqué le coeur de deux générations en France. Et “Jusqu’ici tout va bien” inspire une trentaine d’étudiants de l’école Kourtrajmé pour une exposition au Palais de Tokyo.


Fondée en 2018 à Clichy-Montfermeil par le réalisateur de ‘Les Misérables’ Ladj Ly, l'École Kourtrajmé a des principes bien à elle. Elle est gratuite, ouverte à toutes et sans conditions d’âge ni de diplôme. C’est pour Ladj Ly l’école qu’il aurait rêvé de faire, celle qui offre une opportunité et une chance à tous.


“Il y a des parcours très différents. Par exemple, l’élève le plus âgé de l’école a plus de 40 ans, c’est un ancien rappeur qui tenait un bar à chicha.” - Hugo Vitrani, commissaire de l’exposition, pour Tsugi



Le Palais de Tokyo accueillera donc l’exposition workshop ‘Jusqu’ici tout va bien’ du 29 août au 7 septembre 2020. Et cet événement, c’est la corrélation entre deux époques et deux générations victimes de violences sociales et policières.


“L’idée, c’est qu’ils (les étudiants) répondent à la question : qu’est-ce qui leur fout la haine aujourd’hui ? Le but n’est pas qu’ils illustrent les films, mais qu’ils partent des constats et des sujets qui y sont évoqués pour créer des œuvres. Et ce toujours dans la méthode qui leur est enseignée à l’école Kourtrajmé : l’urgence et la débrouillardise. On va créer une exposition très vivante qu’on pourra modifier jusqu’à la dernière minute pour créer la surprise.” - Hugo Vitrani



‘Jusqu’ici tout va bien’, c’est un projet unique, sublime, jeune et frais. Une exposition qui mêle les thématiques et les formats, à l’image des différentes sections de l’école.


“Directement inspirées de scènes de ces films ou de situations vécues ou subies au quotidien, les œuvres produites se déploient à travers des sculptures, des installations, des courts-métrages ou des performances qui seront complétés par des interventions musicales, des débats réunissant des acteurs, artistes, musiciens, chercheurs, sociologues, militants… Le Palais de Tokyo se fera alors caisse de résonance de la parole de l’école Kourtrajmé.” - Hugo Vitrani


L’événement accueillera des concerts et des DJs sets, si les conditions sanitaires sont favorables, et de nombreux artistes et personnalités engagées et amis de l’Ecole Kourtrajmé.


“On compte inviter les artistes proches de Mathieu Kassovitz, Ladj Ly et JR, les trois co-commissaires de l’expo. Ainsi que des artistes qui étaient importants à l’époque de La Haine et qui le sont à celle des Misérables. On va faire en sorte que chaque jour il se passe quelque chose, avec des invités, prévus ou non, et des prises de parole, des rencontres.” - Hugo Vitrani


L’exposition est à retrouver du 29 août au 7 septembre 2020 au Palais de Tokyo


Pauline Gauer

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