• Pauline Gauer

Le jour du dépassement de la Terre recule de trois semaines à la suite du confinement mondial

2020, et une envie de nouer des collaborations de long terme avec des équipes indépendantes, jeunes et passionnées par la culture sous toutes ses formes. Cet article est publié dans le cadre d’une collaboration journalistique entre Samouraï Coop et Première Pluie, un média jeune et associatif dont Pauline, qui a intégré Samouraï en février dernier, est la co-fondatrice. Cela fait deux ans qu’ils écrivent, filment et photographient le monde et la culture afin d’amener une image jeune au journalisme. Chaque semaine, Pauline publiera un article culturel spécial, à retrouver sur Samouraï News et sur Première Pluie.

New York vide pendant le confinement


Cette année, le jour du dépassement de la Terre aura lieu le 22 août, soit trois semaines plus tard que prévu. Et ce recul est dû au confinement presque mondial de la population ces derniers mois, pour lutter contre la pandémie de covid-19.


Le jour du dépassement de la Terre correspond au jour de l’année à partir duquel l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Au delà de ce jour, l’humanité puisera alors de manière irréversible dans les réserves de la Terre dites “non renouvelables” à l’échelle humaine, jusqu’à fin décembre.


Les facteurs de ce renversement de l’empreinte écologique mondiale grâce au confinement, sont la baisse des émissions de CO2 (-12,5%) et la baisse de l’empreinte forestière (-8,4%) car la demande en matériau de construction a diminuée pendant cette période, réduisant le taux d’abattage des arbres.


Chaque année, ce jour est calculé par Global Footprint Network, un institut de recherches international établi en Californie, aux Etats-Unis. Et pour 2020, l'ONG américaine annonce un jour du dépassement pour le 22 août, contrairement au 29 juillet en 2019. C’est la première fois en 15 ans que ce jour recule, et ce n’est que la conséquence directe du confinement.


“Cela montre que des changements importants et rapides sont possibles. Mais cette réduction de notre empreinte écologique est imposée et non voulue, et comme elle ne s’accompagne pas d’un changement systémique dans nos modes de production et de consommation, elle ne va pas durer” - Mathis Wackernagel, Président du Global Footprint Network



Evolution du “Jour du dépassement de la Terre”. Encore excédentaire en 1961, avec un quart de ses réserves non consommées, la Terre est devenue déficitaire au début des années 1970 - GLOBAL FOOTPRINT NETWORK


Une nouvelle qui n’est pas si encourageante, car elle signifie que malgré les mesures exceptionnelles mises en place et l’arrêt total de l’économie mondiale pendant des semaines, la population humaine continue de vivre au dessus des moyens de la Terre, en utilisant 60% de plus que les ressources disponibles.


Malgré le confinement, la population mondiale a continué de vivre comme si nous possédions 1,6 Terre, au lieu d’une.


"L’humanité s’est trouvée unie par l’expérience commune de la pandémie et a pu voir à quel point nos vies sont imbriquées. En même temps, nous ne pouvons pas ignorer la profonde inégalité de nos expériences, ni les tensions sociales, économiques et politiques qui ont été exacerbées par cette catastrophe mondiale" - Laurel Hanscom, PDG du Global Footprint Network, qui mesure le Jour du dépassement.


Les conséquences du déconfinement mondial risquent d’être encore plus importantes. Et cette reprise massive et plus importante de l’activité économique et industrielle risque d’annuler les résultats encourageants obtenus ces derniers mois.


Tokyo vide pendant le confinement

Pauline Gauer

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