• Pauline Gauer

Rencontre avec De quoi mordre, collectif anonyme

2020, nous l’avions imaginé comme une année d’aventure. On ne s’attendait pas à ce contexte… dans nos plans d’ouvrir pas à pas la rédaction à des ami.e.s, à des créateurs, à des artistes, à des humains. Nous ne nous attendions peut-être à beaucoup de choses, et surtout pas à ce virus, mais nous avions prévu de nous lâcher, d’y aller vraiment, d’y aller à fond. De soutenir, diffuser, relayer, pousser en avant toutes formes d’initiatives qui porteraient en elles des formes de résistances. Alors quoi de plus naturel, que de vous faire découvrir le travail d’un collectif anonyme qui expérimente précisément ces frontières, celles de la résistance, de l’écriture artistique et politique, celles de l’imaginaire et de l’oeuvre collective… De ces expériences sincères qui ne se demandent pas dans quel format elles entrent. En bref, celle qui laisse bouillonner sa passion de la vie pour faire ce que bon lui semble. Aujourd’hui, nous voulions vous faire découvrir De quoi mordre. Le collectif "De quoi mordre" s'empare de l'antenne de Samouraï TV pour y offrir un vent de liberté, laissant parole libre et brute à des imaginaires collectifs post-capitalisme qu'il est urgent d'inventer. Armés jusqu'aux dents de rêves, de rage, d'amour, de stylos & de microphones, les voilà qui prennent place au coeur de vos oreilles et viennent faire crépiter la vie sous vos dents, pour mieux les aiguiser.

Un os pour nos cerveaux endoloris, un jouet pour nos fabriques à pensées, et une expérience sonore qui vient rafraîchir les idées à tous ceux qui, pas à pas, commencent à imaginer un autre monde. L’occasion d’une interview confinée, chacun chez soi, de ce collectif mystérieux, par Pauline Gauer, reporter Samouraï Coop.



Salut le collectif. Alors, De quoi mordre, c’est quoi ? De quoi mordre c’est de la critique culinaire parce qu’on a la vie sous la dent, c’est nos coups de crocs, c’est un peu de ce qu’on dévore et de ce qu’on vomit du monde.

C’est surtout pas un livre de recettes, mais disons qu’on y met les indices qu’on trouve en route, qu’on les écrit et les enregistre pour que toutes celles et ceux qui ont faim d’autre-chose puissent s’en emparer.


Qui est derrière le projet ? Aliothéose et Chatterton, deux partenaires qui cheminent ensembles sur différentes routes, de l’écriture poétique aux textes engagés, de la vie dans une ferme à des questionnements et expérimentations sur le Commun et la résistance.



Vous faites de la po(é)litiques. Expliquez-nous. Nous sommes arrivé.e.s à cette idée en se disant qu’il fallait décloisonner les pratiques. Il est dur à dire si nous avons commencé par être d’abord sensibles politiquement ou poétiquement, tant ces deux choses nous ont frappé fort, avec d’un côté la violence d’un système et de l’autre les possibles — parfois même abstraits — que dégage l’écriture. Nous faisons donc de la po(é)litique car nous voyons — et voulons — de la poésie partout et que tout est politique, alors les deux tout le temps se mêlent et se répondent; se démontent et re-fabriquent des mondes possibles, des utopies-concrètes.

À quelle fréquence peut-on s'attendre à recevoir de vos nouvelles sur Samouraï TV ? Nous créons régulièrement mais sommes aussi sur plusieurs fronts, donc disons à fréquence variable, car rien n’est jamais sûr. Mais nous visons au minimum un podcast par mois.


Quelles vont être vos missions, vos projets ? Pour ce qui est de De quoi mordre, nous tâchons d’écrire le plus justement possible, de traiter au mieux les sujets qui nous sont chers, puis, quand à la transformation des textes en podcast, nous essayerons d’affiner nos enregistrements, de les rendre le plus agréable possible à l’oreille.


Pour ce qui est du reste, nous souhaitons être davantage nomades à l’avenir (on vient d’acheter deux bons vélos !) afin d’aller plus fréquemment sur les lieux de résistance, notamment les ZAD. Nous continuons aussi à chercher des réponses à l’organisation de nos sociétés, en expérimentant sur ce qui permet de faire Commun, et sur l’autonomie alimentaire.

Qu’est ce que vous voulez défendre ? Les zones; qu’elles soient idéologiques ou de biodiversité.

Plus largement, nous défendons une écologie sociale et radicale, féministe et décoloniale.


Comment fonctionnez-vous, pour ces oeuvres collectives ? Quelle est votre méthodo pendant le confinement ?

Pour ce qui est des œuvres collectives, nous apportons le matériau de base, le texte; puis invitons diverses personnes à nous rejoindre pour lui donner une autre forme. Sinon, pas de méthode particulière, nous travaillons avec l’inspiration qui vient, nous n’avons pas de « liste de sujets » à traiter. Nous écrivons soit chacun.e de notre côté, soit à quatre mains, puis on met en son avec un Zoom H4N et Audacity.

Un petit mot à ajouter ? Merci pour le beau travail que vous faites chez Samouraï TV; et courage, joie et bienveillance à toustes !


Retrouvez les parutions libres du collectif sur :

https://dequoimordre.noblogs.org

https://www.facebook.com/DeQuoiMordre

Pauline Gauer

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