• Pauline Gauer

Rencontre avec Elliot Aubin, le photographe des regards et de l'esthétisme



Bonjour, Elliot. On te connait via Instagram, avec tes doux portraits et tes photos de danse, un travail qui semble te ressembler. Quand as-tu commencé la photo ?


Vers 7 ans, j’ai commencé à beaucoup aimer tout ce qui était en rapport avec l’image. J’avais des petits appareils photo numériques que j’utilisais et j’ai commencé à faire des photos en mouvement avec ma soeur. Je prenais des photos de fleurs, de gouttes d’eau, d’objets. C’est vraiment à partir de ce moment là que j’ai commencé à apprécier la photographie. Je faisais des petites publicités parce que j’adorais la vidéo aussi.


Puis, vers 12 ans, j’ai commencé à avoir un appareil un peu plus performant et c’est là que je me suis découvert une passion. J’ai commencé à prendre des personnes en photo, et je me suis rendu compte que c’était vraiment vers cet art que je voulais me tourner.



Et aujourd’hui, c’est quoi ton style ?


Je prends beaucoup en photo les gens. Je shoot aussi pour des marques, pour mettre en avant des produits. Mais dans tous les cas, il y a toujours une présence humaine sur mes images. C’est vrai que l’humain se retrouve partout dans mon travail que ce soit pour les particuliers, les entreprises ou les artistes. Mon style est vraiment tourné vers le portrait.



Qu’est ce qui te plaît le plus dans la photographie ?


Je pense que ce qui me plaît le plus, c’est vraiment de capturer un moment et un regard. J’aime beaucoup le regard.


Pouvoir avoir un peu un moment d’intimité avec la personne que je photographie, en la mettant à l’aise, en la rendant jolie, en la mettant en valeur.

Puis, j’aime jouer avec le regard, les contrastes. C’est vraiment un mix de beaucoup de choses : le cadrage, les couleurs, les personnages. Pour moi, c’est vraiment tous les ingrédients nécessaires à une belle photo.



Qu’est ce que tu veux défendre, partager à travers tes photos ?


Pour l’instant, je fais beaucoup de photographies sans “but” derrière, c’est-à-dire que je ne défends pas encore beaucoup d’idées, même si j’en ai envie, et que j’ai plein de choses à dire. Je suis plutôt du genre à vouloir rendre beau quelque chose, un moment, un lieu et souligner le regard et la personnalité de celui ou celle que je prends en photo.


Après, il y a forcément des choses que je défends au travers de mes photos, mais ce n’est pas encore complètement présent.

Je fais beaucoup de photos pour faire du beau. Mais prochainement, j’aimerais avoir plus de projets personnels, qui pourraient devenir professionnels, pour mettre en avant et défendre des idées qui me parlent. Pour moi, c’est vraiment des projets à part entière que j’aimerais faire, et pas seulement une photo par-ci par-là. Je veux vraiment prendre le temps de faire quelque chose de bien et de me sentir légitime de parler d’un sujet. J’ai pas envie de faire des photos engagées juste parce que ce serait la mode.


Dernièrement, j’ai travaillé avec une marque qui s’appelle Super Nana Pride, une marque LGBT qui défend cette cause-là. Et j’ai mis en avant un homme un peu maquillé, sur un fond orange. J’ai essayé d’apporter ma touche pour défendre cette cause qui me tient à coeur.



Que penses-tu de l’image que les gens se créent sur les réseaux ? Est-ce que tu essaies de changer la donne avec tes portraits ?


L’image est devenue tellement importante sur les réseaux sociaux. On voit beaucoup de choses soi disant parfaites qui viennent un peu complexer tout le monde, moi le premier.

Il y a beaucoup de monde dans cette situation. Moi, c’est vrai que je fais beaucoup de photos de danse ou de portraits avec de jolies filles principalement. Et ça peut venir un peu se coller à cette tendance, se rapprocher d’une soi disant perfection, sans que je le veuille.


Mais après, moi ce que je prône, c’est vraiment le naturel aussi. C’est-à-dire que mes portraits restent naturels. Je mets vraiment en avant une personne qui est jolie mais sans mentir au public : je veux montrer la beauté naturelle, sans trafiquer des détails. C’est ce qui fait la différence.



Sinon, je mets vraiment en avant plein de genre de personnes et j’aime cette diversité. Je me pose régulièrement la question de si mon compte Instagram n’est pas en train de correspondre, malgré moi, à l’image de perfection des réseaux sociaux. J’aimerais montrer que tout le monde peut être mis en avant.


La question que tu poses ici est très intéressante puisque je me la pose tous les jours. Il y a des fois où je me dis que mon travail pourrait être encore moins lisse, plus naturel, et j’y travaille vraiment.


Personnellement, et en tant que photographe, comment ça s’est passé le confinement ?


Le confinement ? Pour moi, ça a été assez négatif en termes de photo, de productivité, de créativité. Vraiment, ça a été le néant. Je n’ai pas eu d’inspiration du tout. Je n’ai pas eu envie de faire des photos ni de me lancer dans des projets. J’ai fait une pause.


Sur le plan artistique, le confinement m’a angoissé. Et du coup, j’ai été un peu perdu, pas très productif. Il y a eu un réel impact dans ma vie qui m’a fait perdre confiance en mon travail. Je me suis beaucoup remis en question.


Sinon, ça a été positif pour plein de choses. D’un côté, je me suis senti perdu en photographie, mais d’un autre, j’ai pu faire une pause et me concentrer sur l’essentiel pour reprendre mieux la photo et aussi différemment.



As-tu des projets qui arrivent, maintenant que nous ne sommes plus confinés ?


Depuis le déconfinement, je reprends doucement.


J’ai envie de recommencer la photo mais en faisant autrement, me rapprocher un peu plus de mes valeurs et d’éviter de faire pour faire.

C’était un des problèmes que j’avais avant, je produisais mais parfois je ne m’écoutais pas forcément. Et ça devenait un cercle vicieux pas forcément très positif. Aujourd’hui, j’ai envie de voir autrement. Peut-être en faire moins mais faire mieux. J’aimerais retrouver une envie sincère et passionnée, de faire les choses pour moi.


Pauline Gauer

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