• Pauline Gauer

Rencontre avec Minx, motion designer et illustratrice des âmes noyées

Nous avons échangé avec Claire, alias Minx, motion designer et illustratrice des âmes noyées et des cheveux dans le vent.



Hello Minx, on aime beaucoup ce que tu fais. Depuis quand tu dessines ?


Halo, merci c’est gentil ! Je dessine depuis toute petite. Quand on est enfant unique, le dessin c’est souvent l’activité principale. Quand j’étais petite je dessinais assez mal, mais j’ai commencé tôt à prendre des cours de dessin. Et non, tout le monde ne naît pas avec un don !


A quoi reconnaît-on tes dessins ?


On les reconnaît par les visages, je dirais. Ça ne fait pas si longtemps que ça que j’ai trouvé mon truc, et ça évolue beaucoup. C’est assez récent que l’on me dise “Hey c’est toi qui as fait ça ? J’ai reconnu ton trait !”. C’est cool, et ça fait plaisir.



D’où te vient cet univers ?


Cet univers, je dirais qu’il vient de mon vécu. J’ai eu une enfance formidable et très triste à la fois. C’est une période qui m'influence beaucoup en général. La plupart du temps, j’essaie de mettre en image ce que je ne sais pas encore formuler avec des mots. Donc mon univers est un mélange de mes souvenirs et de mots que je n’ai pas encore trouvé.


Quelle est la réaction des gens quand ils découvrent ton travail ? Ils s’interrogent ?


La plupart des gens me disent “Oh, c’est beau ! Mais ça fait peur quand même, il y a un truc qui me dérange.” Moi, j’aime bien déranger, ou faire réfléchir, ou au moins faire rire. Le beau pour le beau ça ne m'intéresse pas.


Pas mal de gens interprètent aussi beaucoup mon travail par rapport à leur propre vécu et j’aime bien cette idée. Laisser les gens comprendre mon univers à travers leurs souvenirs, ça enrichit l’expérience. Par exemple j’ai fait une main coupée qui flotte, en portant un anneau. Pour moi ça représente un souvenir très personnel que peu de personnes peuvent comprendre, et pourtant c’est une illustration qui a beaucoup parlé aux gens.



Y-a-t-il des sujets pour lesquels tu luttes à travers tes dessins ?


Je lutte contre la connerie en général, la mienne autant que celle des autres. J’essaie de faire en sorte que les gens se questionnent en voyant mon travail. Pour moi le mal qui englobe tous les autres, c’est la peur de l’inconnu, de la différence etc… Développer de la haine et de l’agressivité pour ce que l’on ne comprend pas, au lieu d’apprendre à le connaître. Je parle de la peur des autres et de soi-même. Cela marche dans les deux sens.

Mais pour le moment, je me sens plus engagée dans ma vie personnelle que dans mon travail. Je bosse là-dessus, en ce moment. Développer des projets plus engagés. Prendre le risque de dire “Hey bande d’abrutis, vous ne voulez pas qu’on arrête tous un bon coup de se mater le nombril, et qu’on relève bien haut la tête en se tenant les mains avant de mourir bossus ?”.



Tu peins sur des vêtements aussi ?


Oui, mais ça c’est plutôt un délire personnel d’artiste égocentrique pour le moment. Je n’aime pas m’habiller comme tout le monde. Je m’habille beaucoup en fripes : c’est pas cher, on y trouve souvent de très belles pièces et parfois des canvas intéressant pour peindre.


Quand je trouve un vêtement qui m’inspire, je le prend et je le pimp. Ça me fait un vêtement unique pour 7 euros et je peux me la péter en soirée. Ça fait du bien à l’égo. En plus, à part sur les vêtements, je ne peins jamais et c’est agréable de changer de médium.



Le confinement, ça aide à la créativité quand on est illustratrice ?


Haha, sur moi ça marche en tout cas ! Mon cerveau bouillonne. Je suis contente d’avoir l’art en cette période tellement étrange. Ça m’aide à rester positive et à ne pas ruminer h24 les angoisses de ce que je ne peux pas contrôler.



Comment tu t’occupes ? Tu fais quoi de spécial en cette période ?


Je passe pas mal de temps au téléphone avec mes amis et ma famille, comme tout le monde je pense. Et puis je vis dans une grande colocation à Montréal, avec des gens formidables et bienveillants. Ils me soutiennent moralement et dans mes projets. On en fait pas mal ensemble, depuis le début du confinement.


Je développe quelques projets personnels aussi. Une de mes colocataires vient de découvrir tik tok, alors on participe un peu tous. Un coucou à Tika du coup. On a acheté un puzzle de 4000 pièces, et le soir on projette des films sur l’immeuble d’en face depuis nos toilettes quand il ne fait pas trop froid pour rester sur le balcon.



On fait aussi du bénévolat pour les sans-abris quelques jours par semaine, soit en faisant à manger, soit sur place. Vous vous rendez compte qu’on est obligés d’ouvrir des centres de repos la journée parce qu’ils n’ont même plus ça, juste un endroit chaud avec des sièges pour se reposer ?


De futurs projets ?


Oui j’en ai beaucoup : des collaborations, et des projets personnels ! Je travaille sur une bande-dessinée animée qui parle de mère nature et que j’aimerais publier sur instagram avant la fin du confinement.


Merci Minx pour cet échange.


Minx, à retrouver sur :

Instagram : https://www.instagram.com/minx.creation/

Site : https://enettegraphisme.wixsite.com/enette


Pauline Gauer

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