• Pauline Gauer

Série : Inside the World's Toughest Prisons

Les prisons. Ces lieux à la fois terrifiants et intrigants, où les conditions de vie restent parfois de l’ordre du mystère. Un sujet qui fascine depuis toujours, au travers de films comme La Ligne Verte ou Midnight Express, ou d’œuvres plus récentes, comme les séries Prison Break et Orange is the new black.


C’est une réalité : le traitement des prisonniers est aujourd’hui déplorable dans un grand nombre de pays comme le Mexique, le Venezuela ou l’Ukraine. Torture, isolement, violence, condamnations sans justice : ces détenus doivent payer le prix de leurs infractions dans des conditions souvent inhumaines.


Raphael Rowe et Paul Connolly, journalistes d’investigation britanniques ont décidé de se faire volontairement enfermer dans les pires prisons du monde afin de témoigner des conditions de vie des prisonniers dans une série de reportages diffusée sur Netflix : Inside the World's Toughest Prisons (Immersion dans les plus dures prisons du monde). Une série qui nous rappelle L'expérience, un film allemand basé sur des faits réels : un journaliste intègre une prison avec dix-neuf autres recrues pendant 14 jours pour une expérience sociale, qui dégénère.



Les journalistes, au cœur du reportage comme des personnages principaux partent à la rencontre des habitants de ces prisons. Des hommes aux histoires particulières, attendrissantes ou qui font froid dans le dos. Uniquement des hommes oui, car les prisons ne sont pas mixtes. C’est ce que l’on peut reprocher à cette série : ne pas avoir réalisé d’épisode dans lequel une femme journaliste intègre une prison pour femmes. Le dossier aurait alors été bouclé.


Trois saisons, douze épisodes. Quatre avec Paul Connolly, journaliste à la télévision irlandaise. Puis huit avec Raphael Rowe, devenu journaliste après douze ans d’incarcération pour un crime qu’il n’a pas commis.



Pour cette troisième saison, Raphael Rowe se rend dans les prisons du Costa Rica, de Colombie, de Roumanie et de Norvège. Des reportages passionnants, qui mettent en exergue les problématiques de nos sociétés actuelles.


Chaque épisode est des plus impressionnants, mais celui qui nous a marqué le plus est celui de l’Ukraine, une prison en zone de guerre qui fait face à un tel manque de moyens que les détenus peuvent circuler librement et armés au sein des installations. La loi ukrainienne autorise les détenus mariés, y compris les tueurs en série, à trois jours de visite conjugale tous les deux mois.


Raphael rencontre alors Tikash, un tueur en série de 65 ans qui a violé et tué plus de 30 femmes et jeunes filles. Le criminel reçoit sa femme dans la “suite conjugale” pour ces trois jours de visite, où ils sont tous deux laissés sans surveillance avec des couteaux de cuisine dans un tiroir. Sa femme, c’est Helena, 25 ans, mère de leur premier enfant de deux ans.


“- Helena : Je l’ai vu (Tikash) pendant une interview. Il parlait de lui. Ses manières et son charisme m’ont attirée. Je lui ai écrit que j’avais vu l’interview et que je voulais lui parler et le rencontrer.

- Raphael : Que ressentez-vous à propos du fait qu’il soit incarcéré pour avoir tué et violé tant de jeunes filles et femmes ?

- Helena : Je ne crois pas que le nombre de ses victimes soit exact. C’est beaucoup moins, et ça n’a aucune importance pour moi.”


Honduras, Pologne, Mexique, Philippines, Brésil, Papouasie Nouvelle-Guinée, Bélize, Ukraine, Costa Rica, Colombie, Roumanie et la prison “idéale” en Norvège. Des dialogues impensables et des images fortes qui en disent un peu plus sur l’état des prisons dans le monde. Un combat quotidien pour Amnesty International qui lutte contre les atteintes aux droits humains, notamment au niveau de la détention et des emprisonnements au niveau international.


Pauline Gauer

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