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Série : Invisibles - Les travailleurs du clic

2020, et une envie de nouer des collaborations de long terme avec des équipes indépendantes, jeunes et passionnées par la culture sous toutes ses formes. Cet article est publié dans le cadre d’une collaboration journalistique entre Samouraï Coop et Première Pluie, un média jeune et associatif dont Pauline, qui a intégré Samouraï en février dernier, est la co-fondatrice. Cela fait deux ans qu’ils écrivent, filment et photographient le monde et la culture afin d’amener une image jeune au journalisme. Chaque semaine, Pauline publiera un article culturel spécial, à retrouver sur Samouraï News et sur Première Pluie.

Nous avions envie de vous parler d’une série accessible à tous, disponible sur France Slash depuis le 12 février dernier. Une documentaire de quatre épisodes de vingt minutes, sur un sujet dont on parle peu : les travailleurs du clic. Pourquoi ? Car ils sont invisibles.



Auto-entrepreneurs, précarisés, mal payés, producteurs et productrices permanents de données pour des firmes internationales auxquelles nous sommes confrontés tous les jours : Facebook, Instagram, UberEats, Google, Apple et toutes ces entreprises qui se basent prétentieusement sur le “friendly”, le “coworking”, le “happy-working” et tous ces anglicismes pour donner l’air plus cool.


Ici, on parle de micro-working. “Micro-travail’. Des “salariés” qui n’en sont pas vraiment, payés au clic, payés trois fois rien. Ils vivent et travaillent à Lyon, Barcelone, Dublin, Antananarivo et partout ailleurs. Ils s’appellent Bilel, Zlat, Nathalie, Nomena, Ny Kanto, Amélie, Chris, Édouard et tout le monde.


“Micro-travailler plus pour micro-gagner moins”.



Quatre épisodes. Le premier se concentre sur les coursiers à vélo, scooters ou voiture, travaillant pour les plateformes de livraison de repas à domicile comme UberEats. Le deuxième épisode traite des travailleurs des “algorithmes”, aux fonctions de robots qui renouvellent en boucle la même tâche. Le troisième partage la souffrance et les traumatismes des modérateurs de Facebook et Instagram, ceux qui censurent les propos et images chocs, ceux qui filtrent les horreurs pour que les internautes n’y accèdent pas. Dans le dernier épisode, le sociologue Antonio Casilli nous explique la création et l’utilisation des conditions de travail de ce “monde moderne”, basé sur le bonheur en entreprise qui a aussi ses limites.


« Je consacre tous les jours de ma vie à Uber, je n’ai plus de vie, je ne vis que pour Uber. » - Bilel, coursier UberEats.


Ils sont chaque seconde armés d'un identifiant, d'un ordinateur ou d'un vélo. Et jamais ils se s’arrêtent. Des semaines de 60 à 70 heures pour presque rien. Pourquoi ? Car ils n’ont pas de réel contrat d’entreprise, de réel salaire, de réels droits. Ils sont voués à travailler à la chaîne pour des rémunérations minimes.



« Le plus grand tour de passe-passe de ces plateformes, c’est d’une part de faire croire aux consommateurs et aux usagers qu’il y a des processus automatiques, des algorithmes, partout, alors que très souvent, ce sont des tâches réalisées à la main, et de l’autre, de faire croire aux travailleurs que ce qu’ils réalisent n’est pas un vrai travail, mais un ‘job’, un ‘gig’, quelque chose de transitoire et éphémère qui à terme va disparaître. C’est un vrai tour de passe-passe d’annoncer la fin du travail humain alors que le travail humain est partout » - Antonio Casilli, enseignant chercheur au sein de l'école d'ingénieur Télécom Paris.


Un documentaire au cœur de ces problématiques invisibles, dont personne ne connaît l'existence. Disponible dès maintenant sur France Slash : https://www.france.tv/slash/invisibles/

Pauline Gauer