• Twitter - Cercle blanc
  • Facebook - White Circle
  • YouTube - Cercle blanc
  • Instagram - Cercle blanc
  • Vimeo - Cercle blanc
  • LinkedIn - White Circle
  • SoundCloud - Cercle blanc
  • Pauline Gauer

Transsiberian : le récit d’un périple à travers la Russie

Mis à jour : mars 5

9288 kilomètres, et treize jours à bord du Transsibérien, en Russie. C’est lors de ce périple que Thylacine, producteur et compositeur français, se lance le défi de produire un album entre Moscou et Vladivostok, le temps du voyage.


“Quand je compose, j’ai déjà l’impression de voyager. Ça me sert souvent à m’évader, à être un peu ailleurs.”


A 23 ans, il embarque dans ce train, sur des couchettes collectives d’un wagon en troisième classe. Les gens parlent forts dans une langue qu’il ne comprend pas. Le vent s’infiltre par le haut des fenêtres. Et Thylacine, de son vrai nom William Rezé, s’imprègne de ce qui l’entoure, assis contre un mur face à son ordinateur.


“Le lieu, l’espace dans lequel je suis, se retrouve dans mes morceaux. Ce sont ces musiques qui racontent cette ambiance, cette atmosphère.”



Car Transsiberian, ce n’est pas seulement un album. C’est une oeuvre complète, mêlant son et image. Pour cela, l’artiste est suivi par une caméra de France Télévisions tout au long de son périple. Une web-série réalisée par David Ctiborsky, disponible sur YouTube.


Dehors, le paysage, plat. Une ligne droite en guise d’horizon. Des villes qui défilent sans que l’on ait le temps de s’y arrêter. 10 minutes sur le quai d’une gare à respirer un peu d’air frais, avant de repartir.


“Le train, c’est un lieu hyper intéressant pour composer, parce que ça résume des choses qui sont essentielles pour moi. Le paysage, l’enfermement et les rencontres. Evidemment, on est pas tout seul dans le train, et évidemment on rencontre des gens qui discutent de choses.”


Dans ces épisodes vidéos, on y retrouve le jeune français, micro à la main, qui enregistre chaque son qui l’inspire. Les paroles des femmes, le souffle du vent, le rythme des rails.


“J’ai utilisé des sons du train, notamment sur un morceau où je me suis servi de la rythmique du train quand il passe sur le rail. Ce rythme était hyper entêtant, il fallait que j’en fasse quelque chose.”



Thylacine échange, et se lie d’amitié avec des gens qu’il croise. Atemi, un graffeur, qui l’invite dans la maison de campagne de ses parents, appelée Datcha. La soirée se termine dans la salle des fêtes du village, où ils sont sept à assister à un spectacle hors du commun : un chant traditionnel de femmes, costumées pour l’occasion. Thylacine récolte ces mélodies précieuses, qu’il liera à sa musique dans le titre Belobezvodnoe.



“Trois morceaux commencent à aboutir. Six sont en chantier. Il reste six jours.” Thylacine arrive au Lac Baïkal. Il part à la recherche de Valentin Hagdaev, le chaman le plus respecté de la région. Au bout de quelques heures, il accepte de chanter pour lui. Des images à couper le souffle, en haut d’une falaise pendant le crépuscule.


“Au début, j’avais un peu peur. Utiliser un chant de chaman en musique électronique, tu peux vite te retrouver avec quelque chose d’assez kitsch.”


William quitte Irkoutsk, et reprend une dernière fois le Transsibérien jusqu’à Vladivostok, destination finale de son périple. Il quitte le train en possession des onze titres de son futur album, et organise un concert électro pour sa dernière soirée en Russie.


“J’ai appris pendant ce voyage que pour moi la musique était vraiment liée à des rencontres, à vivre quelque chose, à vouloir raconter des choses dans ses morceaux.”


Transsiberian, c’est une aventure qui permet à Thylacine de se faire connaître par la suite. Le 7 février dernier, il publie son nouvel album : ROADS vol.2, enregistré aux Îles Féroé.


Il sera prochainement en concert le 6 mars à Angers, le 7 mars à Lille et le 19 mars à l’Olympia, Paris.


Pauline Gauer


55 vues1 commentaire